« Tous les hommes songent un jour à tuer leur famille »

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Le 24 septembre 2011 par Jean-François Dortier

Je lis depuis ce matin Natural enemies, de Julius Horwitz, l’histoire d‘un type qui décide de tuer toute sa famille : sa femme, ses trois enfants avant de retourner le fusil contre lui.

Ce roman, écrit par Julius Horwitz en 1975, me remue. Mais il m’aurait moins touché si je n’étais tombé sur de troublantes similitudes entre ce Paul Steward, le « héro » du roman  et… Xavier Dupont de Lignonès ? Non, avec moi !

Paul Steward dirige une revue scientifique : comme moi. Il a le même âge que moi. Il habite aussi dans une grande et vieille maison isolée à 2 heure de la capitale. Lui aussi a une chienne adorable. Elle s’appelle Clio, la mienne Nuts.

La comparaison s’arrête là. Heureusement. Sa femme est dépressive et il ne l’aime pas. Il a trois enfants qu’il n’aime pas plus. Il n’a plus le goût de la vie. Rien a voir avec ma vie et avec mes amours.

« Tous les hommes songent un jour à tuer leur famille » écrit l’auteur. Personnellement, je dois avouer que cela ne m’a jamais traversé l’esprit,  (enfin, pas que je souvienne…).

Cela dit c’est un livre très fort. Sur l’enfermement de la femme au foyer, sur un couple qui ne s’aime plus. Sur des êtres qui vivent ensemble et ne s’entendent pas et ne se sont jamais compris. Des gens prisonniers de leur vie. Un livre aussi sur les désillusions du rêve américain : « Il y a dans l’aire quelques chos que tu dois sentir comme moi, quelques chose qui est en train de nous démolir. C’est comme si nous n’existions plus. Le rêve qui aidait les gens à supporter toutes sortes de cauchemars, ce rêve d’être un individu distinct des autres, eh bien ça ne marche justement plus. »

C’est un grand livre. Obsédant. Tout se passe en une journée. Le matin, Paul Steward a chargé son fusll dans l’intention de s’en servir le soir même, en rentrant du travail. J’en suis page 180. C’est  la fin d’après midi. Paul Stewart vient de sortir du bureau. Je ne sais pas encore ce qu’il va se passer. Va-t-il aller jusqu’au bout ? Je suis inquiet. C’est absurde mais j’ai le sentiment que si j’arrêtais là ma lecture, je pourrais retarder le suite. Allons, ce n’est qu’un roman… Mais ce roman ne serait pas si troublant, si un jour d’avril 2011, un certain Xavier Dupont de Ligonnès n’avait pris son fusil son fusil et ses cartouches avant de le diriger vers sa femme et ses quatre enfants. Et d’appuyer sur la détente.

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2 commentaires »

  1. Chapouthier dit :

    Je rassure Dortier: moi non plus, l’idée de tuer toute ma famille ne m’a jamais même effleuré !

  2. Gabriel dit :

    OOH! moi non mais le reve de … si je n’avis pas famille…libre sortir et rentrer quand je veux… voyager ou pas … aller en ville boire un verre sans me soucier de l’heure de retour… ne pas m’inquieter si ma femme est retard etc etc . mais si j’etais ds la situation mon reve aurait ete d’avoir de la famille.

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