La philosophie en questions

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Le 15 mai 2012 par Jean-François Dortier

Kant affirmait que quatre questions suffisaient à couvrir presque tout le champ de la philosophie : Que puis je savoir ? Que dois-je faire ? Que m’est-il permis d’espérer ? Qu’est ce que l’homme ?

• Que puis je connaître? Cette première question renvoie à la théorie de la connaissance. Elle peut se comprendre comme une recherche d’une vérité ultime, d’une méthode pour bien penser ou encore une école du doute.

• Que dois-je faire ? La deuxième question renvoie au sens que l’on donne à sa vie : le trouve-t-on dans le bonheur, l’accomplissement de choses ou le désir faire le bien ?

• Qu’est-il permis d’espérer ? Cette question pose la question du salut. Elle conduit les uns à s’interroger sur  l’existence d’un salut éternel, d’autres à l’espoir d’une vie meilleure ou d’une société meilleure.

• « Qu’est ce que l’homme ? »Enfin, déclarait Kant à la fin de sa vie, cette quatrième question intègre les trois questions précédentes. Car elle invite à s’interroger sur la condition humaine.

Ces quatre questions m’ont servi de guide pour rédiger ce numéro Hors série de Sciences Humaines qui vient de sortir.

Chacune des quatre questions est une porte d’entrée qui mène à plusieurs réponses possibles. Chaque réponse est illustrée par un auteur de référence, une théorie ou une école de pensée canoniques. Comme un candide en quête de vérité ultime, je vous propose d’écouter comment nos grands philosophes  avec bienveillance, sans parti pris, mais sans esprit servile.

Je n’ai pas hésité à les critiques, à les pousser dans leur retranchement, souligner leurs faiblesses et les absences, et les taquinant au passage. Car rien de devrait être moins étranger à l’esprit philosophique que l’esprit dogmatique.

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8 commentaires »

  1. jean marc mahmoud dit :

    Kant est dépassé depuis longtemps.
    On en est à l’ ontophylogénèse. Et pour contrebalancer l’ incongruence (passagère c’est certain) entre la physique des trous noirs et la physique quantique, j’ aime bien me retourner vers Merleau Ponti. Gaïa c’ est mon Dieu, et le paradigme du rapport de l’ homme à l’ objet doit changer, en misant sur les champs morphogénétiques.
    Mais, Jean François Dortier, alors qu’ aujourd’ hui on évoque l’ incompétence des politiques (et donc la connaissance d’ hommes qui influencent significativement le monde) me permettriez-vous de vous demander de définir les principes régulateurs de Gaïa? Il n’ y en a pas beaucoup, pas plus de quatre ou cinq. A partir de ces bases fondamentales pourrions-nous peut-être aborder le champ de la connaissance sans basculer dans la théologie.
    Mais bon, je suis curieux de lire votre livre. Cmment me le procurer? Je vais chercher si vous ne me répondez pas (je suis novice dans votre blog intéressant).
    Salutations à tous les correspondants et à vous.

  2. Didier M dit :

    Il est vrai que l’on peut se demander si ces quatre questions sont encore d’actualité. 1 – Je peux connaitre plein de trucs en tapant sur mon ordinateur et savoir dans la minute ce qu’est un impératif catégorique, la libido,ou la recette du gaspacho. Plus besoin d’effort vers la connaissance. Elle est là sur l’écran. 2 – Que dois-je faire? Là c’est Epictète qui répond, savoir ce qui est en mon pouvoir, et ce que je ne peux pas changer. 3 -Espérer? Ca c’est réservé à l’élite du pouvoir et du fric. 4 – Quant à la condition humaine? Là c’est mon grand-pére qui disait:  » un baton de m….à déguster par les deux bouts. » Mais il était aquoiboniste, pas philosophe. Conclusion ( pour Jean Marc Mahmoud): allons acheter ton livre ( le n° spécial de SH) au kiosque du coin.

  3. Jacques Van Rillaer dit :

    Coïncidence : dans le « Lacanquotidien », périodique en ligne de l’héritier de Lacan, l’article du 13 mai est consacré à la même question.
    On y lit :

    « A la fin de l’année 73, Jacques-Alain Miller propose un exercice d’académicien au Docteur Lacan : répondre à trois des quatre questions qui résument, pour Kant, ce qu’il appelle «l’intérêt de notre raison», Que puis-je savoir? Que dois-je faire? Que m’est-il permis d’espérer?»

    «Le docteur Lacan choisit de partir des rapports entre les hommes et les femmes, pour aborder la condition de l’Homme. La jouissance isole les êtres parlants, d’où sa formule, « Y-a-d’l’Un », au sens où il y a de l’Un tout seul, mais, il n’y a pas de rapport sexuel, soit, il n’y a pas de l’Un à deux. Cette formule est à comprendre au niveau logique, relevant d’un fait de discours. Le coït existe, mais au niveau d’une compréhension psychanalytique, l’homme et la femme, qui ne le sont que de s’inscrire dans un rapport avec l’ordre du signifiant, ne se rencontrent pas dans leurs jouissances respectives. […]
    D’un côté, le rapport sexuel rate, côté Homme, en ceci que, « si l’Homme veut La femme, il ne l’atteint qu’à échouer dans le champ de la perversion » (p.60), [S٠(a)], en d’autres termes, il ne rejoint son partenaire qui est l’Autre, qu’en ceci qu’il l’appréhende par le petit bout de la cause de son désir, (a). De l’autre côté, « une femme ne rencontre l’Homme que dans la psychose. Posons cet axiome, non que L’homme n’existe pas, cas de La femme, mais qu’une femme se l’interdit, pas de ce que soit l’Autre, mais de ce qu’“il n’y a pas d’Autre de l’Autre” »
    (http://www.lacanquotidien.fr/blog/2012/05/%E2%96%AA-les-jeux-du-lacan-club-%E2%96%AA-par-kristell-jeannot/)

    Ainsi, sur une même sujet, on pourra comparer la logomachie lacanienne et le sérieux des publications de «Sciences Humaines».

    Un conseil : avant de lire les élucubrations de Miller, (re)lire le conte «Les Habits neufs de l’Empereur» d’Andersen et/ou «Le docteur Knock» de J. Renard.

  4. jean marc mahmoud dit :

    Bonjour à tous,
    Il est dommage, Jacques Van Rillaer, que vous citiez Lacan, car tout comme Freud ils sont dépassés largement et écrasés. Nous en sommes à la neuroscience et des neurones en miroir que ne devaient pas réfuter des hommes comme Socrate ou comme Jacques Dortier qui nous fait l’ honneur de ce blog, et dont les épaules lui permettent de supporter nos remarques acerbes.
    J’ ai soixantequatre ans, et, pour ma part, je n’ ai jamais eu de penchant sexuel pour ma mère, alors l’ édifice du paradigme de Freud s’ était écroulé du même coup, en réalisant la signification « gaïenne » de la copulation chez les mammifères.
    Par contre, le mérite des Lacan + Freud, etc…, est de reconnaître la part invisible de l’ invisible, que bien des philosophes mentionnent (Merleau Ponti, Heidegger etc…).
    Ains, ce qu’ écrit Didier M. est très intéressant et d’ actualité+++. Ce qu’ il dit suscite l’ action: d’ bord rencontrer Epictète. Je vais chez Wikipédia après le café (oui, Jacques, merci). Ensuite, l’ utopie c’ est ??? encore l’ action, et celui qui a tout résumé était Albert Camus il y a 60 ans:
    Descates: « je pense donc je suis »; moi, « je paye donc je suis »; et avant moi, mais je l’ ai compris par du malaise sur le tard: « je me révolte, donc NOUS sommes ». Et nous rejoignons le merveileux de la décohérence quantique.
    Merci J, et D. et Monsieur Dortier qui nous pondra quelque chose d’ autre peut-être basé sur le nexialisme et l’ action, plutôt que disserter sur des pensées car tout a déjà était dit si on compilait toutes les bonnes idées. Les technosciences permettront probablement à des génies en herbe tel que Evariste Galois, de se manifester.Mais notres système ne doit pas les favoriser. Les canadiens sont en avance sur nous par exemple.
    Bonne journée.

  5. jean marc mahmoud dit :

    erratum: Jean-François et non Jacques Dortier.

  6. Marc THEV dit :

    Pourtant,Jean-Marc MAHMOUD KANT e semble encore d’actualité puisque le Président OBAMA a été élu grace au slogan: Yes we KANT

  7. Marc THEV dit :

    P.S: Yes we KANT, Dessin de JUL in Philosophie Magazine.
    En ce qui concerne les neurosciences je signale à Jean-Marc MAHMOUD l’ouvrage sous la direction de JF DORTIER: Le Cerveau et la Pensée disponible à partir du site Sciences Humaines.

  8. Marc THEV dit :

    Qu’est ce que l’homme: l’association (souvent à but lucratif !!!)du bien et du mal…
    Qu’est ce que l’homme: le cancer de la terre, et maitenant au delà…

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