Le problème du castor (2). Chantiers de construction

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Le 31 octobre 2010 par Jean-François Dortier

J’ai profité d’un trou dans mon emploi du temps hier après midi pour approfondir un peu le problème du castor.

Le livre de Morgan est une monographie scientifique exemplaire pour l’époque (1868) et compte tenu de l’emploi du temps du pionnier de l’anthropologie, qui, rappelons-le, n’est pas un chercheur professionnel, mais un avocat et homme d’affaire. Les premiers chapitres  de son livre sont consacrés à situer la place du Castor dans le règne animal, son l’implantation géographique (il vit en Amérique du nord et en d’Europe), décrire son anatomie. Viennent ensuite les chapitres centraux consacrés à ses constructions : barrages, huttes et terriers.

L. Morgan s’est intéressé de prêt à la construction des barrages. Il a relevé les lieux d’implantation, dressé des cartes, dessiné les barrages, mesuré la taille des ouvrages, comparé les modes des constructions, etc.

barrage de castor

Tous les barrages, note L. Morgan, sont construits selon un même principe : par empilement de bâtons et branches et colmatés ensuite par de la boue. Au fil des années et des générations successives, certains barrages prennent des dimensions impressionnantes.

Une fois son barrage terminé, le castor s’attaque à un autre édifice : la hutte qui lui servira de logis. Vue de l’extérieur, la hutte se présente comme un îlot formé d’un gros tas de bois.

la hutte du castor

A l’intérieur, se trouve une cavité où vit la famille castor. L’entrée est située sous l’eau et donc hors de portée des prédateurs. On comprend donc la raison du barrage : crée un étang dont le niveau d’eau est stable de sorte que l’entrée de son domicile soit en permanence sous l’eau.

« Il y a plusieurs variés de huttes, chacune étant adaptée à une situation particulière ; prises dans leur ensemble, elles procèdent néanmoins d’un même principe général de construction C’est ainsi que nous trouvons des huttes sur des îles, au bord des cours d’eau, sur des lacs, chacune avec ses caractéristiques propres »  (p. 131).

Certaines huttes sont formées d’une seule chambre, (il n’en a trouvé qu’une seule composée de deux chambres), elle ont une, deux parfois quatre d’entrée. Le sol est tapissé de e bout et de brindille pour le rendre très confortable : «  il est difficile à qui n’a pas été sur place de donner une idée de la perfection de ses réalisations ». (p. 138).

intérieur hutte

Vue de l’intérieur de la hutte. Les croquis de Morgan sont moins clairs. Ceux-ci, trouvé sur le web me parait plus explicite

L. Morgan consacre ensuite un chapitre aux canaux construit par les castors pour transporter le bois. Et il s’en émerveille.  « Le creusement de canaux pour le transport du bois par voie d’eau jusqu’à la hutte représente, ce me semble, la plus haute expression de l’intelligence et du savoir faire des  castors » (p. 185).

Le castor est donc un bâtisseur né, qui réalise plusieurs types de constructions : barrages, huttes, terriers, canaux. Chacun de ses ouvrages suppose une série d’actions assez complexes de gestes qui se répartissent en plusieurs séquences : couper du bois, le transporter, l’entasser, lui donner une forme globale, consolider, réparer, etc.

Comment cela est-il possible ?  Est ce que cela procède un plan général. Où y a-t-il des modes de construction différents ou au contraires des principes communs ?


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