Les femmes qui ne veulent pas d’enfant

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Le 10 décembre 2011 par Jean-François Dortier

Linda Lé, auteure de "L'enfant que je n'aurai pas"

« Toi l’enfant que je n’aurai pas, je me demande quels traits auraient été les tiens si je t’avais donné le jour ». Ainsi débute la lettre que Linda Lé, écrivaine française d’origine vietnamienne, écrit à l’enfant qu’elle n’a jamais voulu avoir. L’auteure s’est confiée sur son refus d’enfant, dans un petit livre écrit sous forme d’une lettre “A l’enfant que je n’aurai pas“(éd. Nil, 2011)

Pourquoi une femme refuse-t-elle d’avoir des enfants ? Son compagnon « S. », avait la « fibre paternelle » et l’a harcelé pendant les cinq ans de leur vie commune pour qu’elle lui fasse un enfant. Elle lui rétorquait des arguments philosophiques : « Dans un monde qui court au désastre, la procréation est un crime ». Parfois elle avançait la cause féministe, en citant Tolstoï «  La maternité n’est pas la plus haute vocation d’une femme ». Elle n’a donc jamais voulu céder à celui qui « voulait un enfant comme un gamin veut un jouet ».

Mais les arguments théoriques ne sauraient convaincre. Derrière la philosophie se cachent sans doute des raisons plus personnelles de ce refus d’enfant. Ces raisons sont à chercher dans son passé et les liens difficile avec sa mère. Cette femme froide, autoritaire que ses trois sœurs et elle appelaient « Big Mother », et qui les a élevé dans un climat puritain et élitiste. Ne pas avoir d’enfant, c’était sans doute pour elle, une façon de ne pas faire subir à sa progéniture ce qu’elle avait subit.

Mais la raison principale de son refus d’enfant est encore plus simple et fondamentale : Linda Lé n’en a jamais éprouvé l’envie. Voilà comment elle décrit le métier de mère : « Acheter de la layette, dénicher, un couffin et un landau dans une brocante, décorer de rubans le berceau rempli d’animaux en peluche, t’inscrire à la crèche, consulté un pédiatre sitôt que tu aurais le né bourgeonné, se faire une montagne de tes rhumes, ne pas fermer l’oeil de la nuit lorsque, perçant tes dents tu vagirais, soupirer de bien-être à chacun de tes « areu acteur, applaudir à chacun de tes gazouillis » Non, vraiment, merci : ce n’est pas pour elle. Un enfant, visiblement ça encombre et ça rend idiot.

Linda Lé a préféré se consacrer à sa seule passion : l’écriture. Sa bibliographie en témoigne : une vingtaine de titres à son actif. Son refus d’enfant ne serait rien d’autre qu’une « incapacité congénitale à me construire un univers régit par d’autre rite que l’écriture ». En somme, dit elle à son enfant absent : « il n’y avait pas de place pour toi dans la drôle d’existence que je menais ».

Linda Lé s’est-elle finalement sentie, plus libre, plus heureuse sans le fardeau d’une progéniture accrochée à ses jupes ? Pas vraiment. Son petit livre ne fait pas l’impasse sur ses failles intérieures, ses tentatives de suicide, son hospitalisation en hôpital psyhiatrique.

Linda Lé déclare que l’enfant qu’elle n’a pas eu lui en lui manque pas. Mais curieusement elle éprouve pourtant le besoin de lui écrire une lettre et de dialoguer avec lui… Comme si cet être chimérique lui était out de même nécessaire pour briser sa solitude et l’aider à écrire.

Les derniers mots de son livre sont une forme d’aveu indirect. S’adressant à son enfant imaginaire, l’auteure conclue : “Tu me régénères, tu m’es plus proche que jamais, toi l’enfant que je n’aurai pas. Ces lignes sont une offrande, tu vogues sur un esquif en papier, mais pour moi tu n’es pas une fantasmagorie, tu existes,tu es doué de vie”. Beaucoup de femmes font aussi des enfants pour ne pas être seules. Et en cas d’absence, elle s’en inventent en pensée.

Un enfant? Non merci !

On demandait récemment à Amélie Nothomb, la prolifique romancière si elle n’avait jamais eu envie d’être enceinte. Sa réponse fut sans ambiguïté : « je suis toujours enceinte d’un livre. Il faut être à la hauteur du bébé. (…) Mais je n’ai jamais voulu d’enfant, ce n’est pas ma nature ».

De 4 à 5 % des femmes ne souhaitent pas avoir d’enfant. Elles ne sont ni stériles, ni forcément traumatisées par une enfance malheureuse. Simplement elle n’éprouvent pas de « désir d’enfant » et refusent d’en avoir. Les psychologues appellent cela « l’infertilité volontaire ». Malgré la pression sociale et familiale, elles ne cèdent pas. Elles sont mêmes de plus en plus nombreuses a assumer ouvertement ce statut. C’est le cas de Corinne Maier, spécialiste de la provocation qui a titré son dernier essai « No Kid : 40 raisons pour ne pas avoir d’enfants ». (2007)

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3 commentaires »

  1. Joseph Safadi dit :

    Vous savez Linda Lé, sans être méchant; je vais répondre à vos arguments pour ne pas avoir d’enfants.

    1. Dans un monde qui court au désastre, la procréation est un crime.

    Réponse: Le monde a toujours existé, désastre ou pas il a toujours été là; la procréation n’est pas un crime sinon pourquoi votre propre éxistence en elle seule n’est pas un crime.

    2. La maternité n’est pas la plus haute vocation d’une femme

    Réponse: Qui a dit que la femme avait une vocation de se reproduire? Les femmes ont plus de vocations comme un métier, une passion ou de l’art; désolé vous vous êtes trompé en disant que la femme a seulement cette vocation; je le sais et je suis un homme, mes pensées appuient certaines femmes féministes.

    3. Vous n’avez donc jamais voulu céder à celui qui « voulait un enfant comme un gamin veut un jouet ».

    Réponse: Un homme qui veut se caser, se marier et avoir des enfants avec vous c’est quelqu’un qui envisage sa vie sérieusement avec vous. Donc assez mature et adulte.

    4. Vos raisons sont à chercher dans votre passé et les liens difficile avec votre mère. Cette femme froide, autoritaire que ses trois sœurs et elle appelaient « Big Mother », et qui les a élevé dans un climat puritain et élitiste. Ne pas avoir d’enfant, c’était sans doute pour elle, une façon de ne pas faire subir à sa progéniture ce qu’elle avait subit.

    Réponse: Justement vous avez vécu difficilement avec votre mère; je sais c’est quoi moi-même et je m’étais juré que si j’ai des enfants; que jamais je ne leur ferai sûbir ce que moi j’ai vécu, une thérapie avec de l’aide peut aider. Donc, si jamais c’était votre cas, dites-vous que jamais je ne ferai sûbir à mon enfant ce que j’ai sûbi.

    5. Mais la raison principale de votre refus d’enfant est encore plus simple et fondamentale : vous avez jamais éprouvé l’envie. Voilà comment vous décrivez le métier de mère : « Acheter de la layette, dénicher, un couffin et un landau dans une brocante, décorer de rubans le berceau rempli d’animaux en peluche, t’inscrire à la crèche, consulté un pédiatre sitôt que tu aurais le né bourgeonné, se faire une montagne de tes rhumes, ne pas fermer l’oeil de la nuit lorsque, perçant tes dents tu vagirais, soupirer de bien-être à chacun de tes « areu acteur, applaudir à chacun de tes gazouillis » Non, vraiment, merci : ce n’est pas pour elle. Un enfant, visiblement ça encombre et ça rend idiot.

    Réponse: Juste une question à ce sujet? Est ce que votre propre mère a éprouvé que c’était un métier si c’est le cas; elle avait tort. Elle a donné vie à une femme intelligente et avec une bonne carrière.

    Votre propre mère a-t-elle eu du plaisir quand vous étiez une enfant; vous a-t-elle considérée comme un boulet à sa jambe et vous a-t-elle considérée comme une idiote à ses yeux,

    Pour moi, désolé mais le dernier point c’est une femme qui refuse de grandir et de devenir mâture; pourtant vous avez tellement à offrir,

    C’est dommage c’est une grande perte; n’hésitez pas à m’écrire

    Joseph père de Cédrik

  2. Loulou dit :

    Navré mon cher Joseph mais j’estime qu’une femme n’est pas un utérus sur pattes !

    Être une femme et être une mère est différent, sachez-le !

  3. croyant non feministe dit :

    quelle horreur

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