la voix des ancêtres

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Le 20 septembre 2012 par Jean-François Dortier

Ecoute plus souvent

Les choses que les êtres

La voix du feu s’entend

Entends la voix de l’eau

Ecoute dans le vent

Le buisson en sanglots:

C’est le souffle des ancêtres.

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis

Ils sont dans l’ombre qui s’éclaire

Et dans l’ombre qui s’épaissit.

Les morts ne sont pas sous la terre

Ils sont dans l’arbre qui frémit,

Ils sont dans le bois qui gémit,

Ils sont dans l’eau qui coule,

Ils sont dans l’eau qui dort,

Ils sont dans la maison, ils sont dans la foule

Les morts ne sont pas morts.

Je viens de dénicher ce poème, que je trouve beau, envoutant, profond, tragique et apaisant, dans Congo, une histoire, de David Van Reybouck, qui vient juste de paraître (éd. Acte sud, 2012). J’ai commencé sa lecture hier soir.

Dans un village du Congo, l’auteur a rencontré en 2006 un vieil homme qui lui a parlé de sa vie : cet homme aurait rêvé, étant jeune,de poursuivre ses études, mais il a du abandonner l’école trop tôt pour aller travailler. Des décennies plus tard, il lui reste pourtant en mémoire, de longs passages du poème – le souffle des ancêtres – composé par le Sénégalais Bigaro Diop (1906-1989) (en photo ci-dessus)

Birago Diop est mort, mais il nous a laissé ce poème. Un vieux congolais s’en est souvenu, l’a transmis à David Van Reybouck, qui lui même a eu l’idée de la reproduire dans son livre. En le découvrant, j’ai eu envi de l’apprendre, puis de vous le faire connaître. Aujourd’hui, il arrive vers vous…

C’est une voix qui traverse le temps, c’est le souffle des ancêtres…

Ecoute plus souvent

Les choses que les êtres

La voix du feu s’entend

Entends la voix de l’eau

Ecoute dans le vent

Le buisson en sanglots:

C’est le souffle des ancêtres

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4 commentaires »

  1. Didier M dit :

    Le souffle des ancêtres.
    Voila une idée, belle idée, qui semble ne plus avoir de place dans notre monde qui est bien loin de la savane, des dunes du Hoggar, du pays des Dogons. Oui, sans doute qu’il serait bon de s’asseoir au bord d’un chemin pour écouter ceux qui sont partis. Mais voila, nos chemins à nous ne sont plus que bruit et fureur. Le souffle des ancêtres y passe sans doute. Mais comment le percevoir? Moi j’ai du mal à entendre autre chose que les buissons en sanglots. Je veux parler de ceux qui ne sont pas morts et qui passant au travers de branches pleine d’épines viennent vers nous,nous interpellent:pour un ticket restau, ou un euro. Ils sont vivants et déjà morts. Peut-être sont-ils nos ancêtres ceux qui nous demandent de l’aide?

  2. BDIEYE dit :

    ou est la solidarité?
    Mutualisation des efforts et développer la socialisation dans un monde capitaliste finalement

  3. Jane dit :

    La voix des ancêtres est une bonne entrée dans la littérature négro-africaine, mais faire un pont culturel entre cette pensée animiste et notre celtisme, avec la saga des légendes de Bretagne : Merlin à la cour du roi Arthur, Merlin et Viviane, et les errances des chevaliers de La Table Ronde… Donc as en rester à la seule beauté poétique de l’élégie romantique, la sensibilité doit déboucher sur une prise de conscience suivie d’une action sociale intergénérationnelle…

  4. WOOT dit :

    les souvenirs des morts nous font toujours penser en eux et toutefois que nous rencontrons le deuil l’individu que nous pleurons ne pas sans doute l’étalent mais nos frères perdit il y a longtemps et le bienfait du defunt.

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