S’évader du désert

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Le 23 décembre 2011 par Jean-François Dortier

Mariem est née en 1936 dans le désert mauritanien. Sa mère appartenait à une tribu de pasteurs chameliers, son père est de celle des Nmadis, des chasseurs d’antilopes qui nomadisent dans l’Est de la Mauritanie. « C’est incroyable qu’ils aient donné une fille à des Nmadis. Des guerriers, donner une femme à un chasseur ! »

Petite fille, Mariem est engraissée comme une oie, pour être mariée à 10 ans avec un inconnu, beaucoup plus âgé qu’elle. Pour elle, les rapports sexuels avec ce mari qu’elle va détester ne sont rien d’autre que des viols successifs. Vers 18 ans, elle décide de quitter le foyer et retourne chez ses parents. Son mari accepte le divorce, mais viendra récupérer leur garçon. Par la suite, Mariem va rencontrer un jeune Français, qu’elle épouse, et avec lequel elle aura plusieurs enfants. Avec lui, elle a appris à piloter de petits avions, est venue s’installer en France, a découvert la vie moderne, un monde bien éloigné de son désert natal.

À travers ce récit, énoncé à la première personne et transcrit par l’ethnologue Sophie Caratini, on prend une vue directe sur le mode de vie des tribus nomades de Mauritanie, avec ses normes, ses contraintes, ses valeurs. On découvre aussi que malgré tout, ce monde apparemment clos et écrasant pour les petites filles peut laisser à une femme résolue et volontaire, comme l’est Mariem, la possibilité de s’affirmer et de forger son destin personnel.

• La Fille 
du chasseur , Sophie Caratini, Thierry Marchaisse, 2011, 358 p.

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