Nos compagnons les arbres

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Le 3 novembre 2017 par Jean-François Dortier

Le succès mérité de La Vie secrète des arbres de Peter Wohlleben a laissé dans l’ombre un autre livre sur le sujet: Ecoute l’arbre et la feuille, de David G. Haskell. 

L’auteur, nous avait enchanté avec Un an dans la vie d’une forêt (éd. Fammarion, 2014). De l’exploration minutieuse, d’un seul mètre carré de forêt, il avait fait jaillir tout un monde grouillant de vie : la nature à l’œuvre.

L’auteur a repris sa plume de forestier et d’écrivain avec ce nouveau livre.G. Haskell aime les arbres et nous les fait voir comme personne avant lui.

Suivons-le en Equateur à l’Ouest de la forêt amazonienne. Là se trouve le ceibo, un des six cent espèce d’arbres de la région. C’est un géant de quarante mètres : « je fais le tour de sa base en vingt neuf pas ». Ce monumental pilier est l’occasion pour D.G Haskell de nous fait découvrir la faune qu’il abrite: perroquets, pigeons, singes hurleurs ou ouistitis qui trouvent refuge sur ces branches ; les cortèges de fourmis, limaces et d’araignées qui grouillent sur son tronc. L’arbre, dont le tronc creux produit un son caractéristique, sert aussi de tambour aux chasseurs-cueilleurs Waorani. Plantes, animaux, humains : un riche écosystème dont l’arbre est le pivot prend vie sous la plume de notre botaniste poèt.

Quittons la forêt amazonienne, direction l’Ecosse. A la vue d’un simple morceau de charbon de bois, trouvé sur un site archéologique, le botaniste reconnaît un noisetier commun. On apprend qu’il a été jeté au feu, par des hommes du mésolithique il a plus 10 000 ans. Le noisetier étalt alors une ressource essentielle : ses noisettes fournissaient une riche nourriture, ses branches servaient de bois de chauffage. Et qui dit feu, dit foyer. G. H. Haskell n’a pas son pareil pour nous faire entendre le crépitement des branches qui brûlent, sentir la chaleur des flammes et écouter les voix de ceux qui étaient là dans la lumière dansante du feu.

Un écosystème vivant

Les noisettes ont été disséminées par les humains et les oiseaux. A des kilomètres, poussera bientôt un jeune noisetier puis un bouquet d’arbres. Et a son tour, ce bosquet attirera d’autres plantes et animaux. La vie se répand ainsi : « Sans les animaux, la plupart des espèces d’arbres seraient encore confinées au pourtour de la Méditerranée (…). Et sans les arbres, il y aurait eu beaucoup moins de geai, de rongeurs et d’humains dans le paysage postglaciaire ».

L’arbre a ses racines qui sont elles mêmes en lien avec un réseau dense de champignons microscopiques qui forment un manchon protecteur (contre les parasites) et l’alimente en sels minéraux. Cette symbiose entre l’arbre et les champignons, cette association entre les plantes et les animaux, les liens étroits noués entre les hommes et les arbres, voilà le vrai sujet de ce livre qui bien au delà d’un manuel de botanique végétal.

Après l’Amazone, l’Ecosse, l’auteur nous mène à Manhattan à la rencontre d’un poirier de Chine, planté au carrefour de la 86ème rue et de Broadway, puis découvrir ailleurs des plantation l’olivier, un pin blanc du Japon, le frêne rouge ou le sapin baumier.

C’est à chaque fois l’occasion de découvrir un arbre et la vie qui gravite autour. L’occasion de comprendre et ressentir ce qu’est la vie d’un arbre, le voir grandir, vibrer, émettre des sons. Au fil des pages, on sent l’odeur de l’humus, on ressent la douceur de la mousse, on entend les gouttes de pluie tomber sur les feuilles.

Pour la plupart d’entre nous, les arbres ne forment qu’un décor immobile et silencieux qui procure de l’ombre, du bois et de l’oxygène. Avec DG Haskell ils deviennent nos compagnons de vie.


4 commentaires »

  1. Olivier dit :

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  2. MAG dit :

    Merci pour cet article.
    Un héritier de Jean Marie Pelt ?

  3. Jane dit :

    Arbres et forêts : Ne pas oublier non plus le magnifique film <> qui nous montre, du sol à la canopée, entre autre éléments, la croissance et la multiplication des arbres, de manière époustouflante, grâce aux moyens numériques actuels de l’images mobile et les objectifs de la photographie scientifique.
    A revoir pour le plaisir des yeux et l’empathie envers l’intelligence du vivant qui est adaptation par évolution.

  4. Jane dit :

    Le film est Il était une forêt ; titre effacé entre les guillemets visiblement pas tolérés…

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