L’humanologue. Saison 1, épisode 1. “De la vulcanologie à l’humanologie”

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Le 23 novembre 2019 par Jean-François Dortier

J’allais avoir 13 ans. Mon anniversaire approchait et ma pauvre mère était à cours d’idées (et d’argent) pour me faire un cadeau. Pensez ! Avec sept enfants et autant de dates anniversaires… Qu’offrir à ce garçon qui n’était plus un enfant et dont les préoccupations étaient si éloignées des siennes ? Je lui suggérais de m’offrir un livre ; depuis quelques temps, mon frère m’avait transmis le virus de la lecture. Mais comment ma mère aurait-elle pu choisir un bon titre? Personne d’autres que nous ne lisait à la maison. Alors, elle a sorti quelques francs de son porte-monnaie et m’a envoyé choisir moi-même mon cadeau.

A la librairie du coin de la rue (aujourd’hui un magasin de chaussures de sport), j’ai erré un moment entre les rayons avant qu’un titre attire mon regard : « Les rendez-vous du diable ». Un petit livre de la « bibliothèque verte » écrit par le vulcanologue Haroun continuer la lecture


Qu’allons nous devenir ?

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Le 21 novembre 2018 par Jean-François Dortier

Dans le dernier numéro de Sciences Humaines, “Humains, nos origines repensées, l’un des mes avatars Elise de Villeroy retrace trois scénarios pour l’évolution humaine: 1) apocalypse, 2) transhumanisme ou 3)  mutation ? A vous de choisir.

 

“Que seront devenus les humains dans cent ans ? Dans mille ans ? Dans un million d’années (1)? À ces questions vertigineuses, il n’existe qu’une seule réponse sérieuse : on n’en sait rien. Car les scénarios d’avenir ont un tous un point commun : ils se sont toujours trompés. Et quand bien même quelqu’un détiendrait aujourd’hui la bonne réponse, comment le savoir avant que le futur soit advenu ?

Tout essai d’anticipation est donc périlleux et très spéculatif, mais rien n’interdit de s’y livrer. L’exercice a la vertu de mettre à nu les schémas qui nous servent à penser l’histoire et l’évolution.

Commençons par trois scénarios, bien dans l’air du temps, tous très différents et radicalement opposés.

Apocalypse now ?

Le premier scénario est apocalyptique. L’avenir de l’homme ? Oubliez, c’est fini ! Car la fin du monde est annoncée. Le schéma est connu : du fait du réchauffement climatique, nous continuer la lecture


la philosophie rend-elle vraiment plus intelligent ?

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Le 21 septembre 2018 par Jean-François Dortier

La philosophie rend-elle vraiment plus intelligent ? C’est la question qui m’a servi de fil directeur pour rédiger cette introduction anticonformiste a la philosophie. Dans “De Socrate à Foucault, les philosophes au banc d’essai” qui paraît cette semaine, je tente de présenter le plus clairement possible les idées clés des grands philosophes, (Platon, Aristote, Descartes, Kant, Hegel, Deleuze, Foucault et bien d’autres) en les situant leur pensée dans leur époque. En m’interrogeant surtout sur leur pertinence : leur apport comme leurs égarements.

Vous trouvez une présentation détaillée ici.


A l’origine des images

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Le 12 septembre 2018 par Jean-François Dortier

 

On a défini l’être humain tour à tour par le langage, par la raison, l’intelligence, l’apprentissage, la culture, la morale, la conscience… Et si l’être humain était avant un animal imaginatif ? Si l’imagination était la source commune des multiples autres créations humaines que sont le langage, art, science, technique, cultures symbolique, la pensée.

Telle est la théorie de l’animal imaginatif (TAI) que je présente dans un article « au commencement étaitl’image » qui ouvre le dernier numéro des GDSH : « Les puissances de l’image » qui vient de paraître.

Pour mes amis-lecteurs de ce blog, je reproduis cet article dans le billet suivant.

 


Au commencement était l’image

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Le 12 septembre 2018 par Jean-François Dortier

À l’origine des images, il existe une capacité mentale inédite dans le monde animal : l’imagination. Elle est à la source du langage, des techniques, de l’art, des pensées et des fictions.

« Au commencement était le verbe », le premier verset de l’Évangile selon saint Jean a suscité un flot de commentaires théologiques, philosophiques, anthropologiques. Une interprétation de la formule est celle-ci : c’est la parole qui donne naissance à l’humanité. Dit autrement : c’est le langage qui fait l’humain, il est le « propre de l’homme ». Cette thèse a la force de l’évidence – quoi de plus spécifique à l’être humain que son langage ? Mais l’évidence ne fait pas toujours bon ménage avec la science.

Si le langage était le propre de l’humain, comment se fait-il que les humains aient hérité aussi d’autres capacités très singulières comme celle de fabriquer des outils ? Comment se fait-il que les humains soient aussi doués dans les arts ?

Une des hypothèses est que le langage, la technique et l’art soient eux-mêmes dérivés d’une capacité cognitive plus fondamentale. Nombre de candidats ont été proposés pour rendre compte des capacités cognitives spécifiquement humaines : l’apprentissage, l’intelligence, la culture, la conscience ou encore la « théorie de l’esprit ».

Depuis le début des années 2000, une nouvelle théorie a fait son apparition. Elle affirme que l’imagination pourrait bien représenter le facteur clé qui a fait de l’humain un être si singulier. Cette théorie de l’animal imaginatif (TAI) affirme que les images mentales sont la source commune du langage, des capacités techniques, de l’art, mais aussi de nouvelle formes de vie en société fondées sur des projets communs. Pour la TAI, au continuer la lecture


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