Deux lueurs d’espoir, selon Romain Gary

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Le 19 novembre 2017 par Jean-François Dortier

« L’affaire homme », ce titre étrange renvoie à un recueil d’articles et interviews donnés par Romain Gary entre 1957 – juste après la publication les Racines du ciel, avec lequel il obtint son premier prix Goncourt jusqu’à 1980, l’année de son suicide.

On y trouve quelques passages sublimes, sur l’espoir, dont celui ci :

« A la fin de mon livre, (il parle des Racines du ciel) il y a un passage qui définit exactement ma pensée. C’est l’épisode des hannetons. Dans le camp de concentration, portant sur leur dos des sacs de ciment écrasants, au cœur de l’épuisement, les prisonniers politiques trouvent encore le courage de se pencher sous leur charge et de remettre sur leur pattes des hannetons impuissant qui sont tombés sur le dos. Voilà ma conception de l’homme ».

Dans un autre texte “Une puissance et une promesse rassurante”, Romain Gary décrit l’impression ressentie face à l’immensité de l’Océan et le sentiment de puissance qui s’en dégage.

” Peut être la mer est-elle un maitre illusionniste qui répète sempiternellement son tour pour nous garder plein d’espoir. Mais sur ces sables où finit la terre et commence l’océan, la promesse d’un au-delà se fait si clairement sentir, l’infini paraît si proche et le vide d’une si majestueuse immensité qu’elle en acquiert une formidable présence. Peu se sentent seuls au bord de l’océan. continuer la lecture


Mon “manuel de survie” au travail vient de paraitre !

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Le 11 novembre 2017 par Jean-François Dortier

Mon nouveau livre Travail, guide de survie, vient de paraître.  J’y traite du plaisir et de la souffrance au travail: pourquoi on aime généralement son travail et pourquoi on finit parfois par le détester. Mais ce sont surtout les remèdes aux différentes pathologies du travail qui me préoccupent dans ce livre : car la bonne nouvelle est qu’il existe des solutions. Pas de solutions miracles mais des vraies marges de manoeuvre.

Voici le “pitch” :

“Les gens aiment leur travail, mais ils en souffrent. Voilà le paradoxe. Qu’ils soient cadres ou employés, médecins ou agriculteurs, enseignants ou informaticiens, beaucoup apprécient leur métier mais se plaignent des contraintes qui pèsent sur eux : pression économique, surcharge, urgence, évaluations incessantes, conflits interpersonnels dévastateurs, management oppressant… L’épidémie de burn-out est le symptôme le plus aigu de ce malaise.

Ce livre est le produit d’une enquête menée dans différents secteurs professionnels pour tenter de comprendre comment on en est arrivé là et surtout ce que l’on peut faire pour améliorer les choses.

Depuis quelque temps, des propositions se font jour pour rendre le travail plus vivable. Certaines relèvent de l’action individuelle : apprendre à dompter le stress, lutter contre la dispersion, se remotiver, gérer les conflits. D’autres relèvent d’un nouveau mode de management – management humaniste, entreprise libérée – ou encore supposent des changements dans l’organisation des entreprises.

Le but de ce livre n’est pas de proposer des solutions clés en main mais d’ouvrir des pistes, de présenter des expériences en cours, de faire la part entre les beaux discours et les avancées réelles. Il n’existe pas de solution miracle, certes, mais de réelles marges de manœuvre pour agir afin d’améliorer le bien-être de chacun au travail.”

Au sommaire 

Introduction

Partie 1 : Travail : du bonheur à l’enfer

• Pourquoi travaille-t-on ?• Comment trouver sa vocation ?• Travail : la créativité cachée• Le blues du dimanche soir• Les conflits au travail, un drame en trois temps

Partie 2. : Que faire ?

• Lâcher prise ?• Comment lutter contre la dispersion ?• Gérer son temps : un art de vivreS’approprier son travail• Travailler chez soi, une révolution tranquille• Trouver son rythme et l’imposer• Rendre le travail visible

Partie 3. Un management nouveau ?

• Cadre de proximité, une mission impossible ?• Management bienveillant, mythes et réalités • Le « slow management » ou l’art de simplifier le travail • L’entreprise libérée, réalité ou imposture ?
Partie 4. Le travail demain

• Réinventer l’entreprise • L’économie coopérative, de l’utopie à la réalité • Le travail en Europe : comment font les autres ? • Les robots vont-ils tuer les emplois ? • L’avenir du travail n’est pas celui qu’on croit

A saisir ! 
le livre – 17  €


Nos compagnons les arbres

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Le 3 novembre 2017 par Jean-François Dortier

Le succès mérité de La Vie secrète des arbres de Peter Wohlleben a laissé dans l’ombre un autre livre sur le sujet: Ecoute l’arbre et la feuille, de David G. Haskell. 

L’auteur, nous avait enchanté avec Un an dans la vie d’une forêt (éd. Fammarion, 2014). De l’exploration minutieuse, d’un seul mètre carré de forêt, il avait fait jaillir tout un monde grouillant de vie : la nature à l’œuvre.

L’auteur a repris sa plume de forestier et d’écrivain avec ce nouveau livre.G. Haskell aime les arbres et nous les fait voir comme personne avant lui.

Suivons-le en Equateur à l’Ouest de la forêt amazonienne. Là se trouve le ceibo, un des six cent espèce d’arbres de la région. C’est un géant de quarante mètres : « je fais le tour de sa base en vingt neuf pas ». Ce monumental pilier est continuer la lecture


Merci qui ?

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Le 20 octobre 2017 par Jean-François Dortier

L’excellent et décapant livre de Rutger Bregman, Utopies réalistes, s’ouvre par cette ” petite leçon d’histoire”.

Dans le passé, tout était pire.

Pendant à peu près 99 % de l’histoire du monde, 99 % de l’humanité a été pauvre, affamé, sale, craintive, bête, laide et malade.

Au XVIIe siècle déjà, le philosophe Blaise Pascal décrivait la vie commune immense vallée de larmes. (…)

Mais tout a changé au cours des 200 dernières années. En une fraction du temps passé par notre espèce sur cette planète, des milliards d’entre nous se sont retrouvés riches, bien nourris, propres, en sécurité et même parfois beau. Alors que 84 % de la population mondiale vivait encore dans une extrême pauvreté en 1820, le pourcentage était tombé à 44 % en 1980 ; aujourd’hui à peine quelques décennies plus tard, il est à moins de 10 %. »

Avec le recul, c’est effectivement saisissant. Question : qui faut–il remercier ?

a) le capitalisme ?

b) les sciences et techniques

c) la démocratie et le droits de l’homme ?

e) la lutte de classe ?

f) autre…

La meilleure réponse sera publiée dans mon journal préféré.


Notre société est-elle vraiment fracturée ?

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Le 14 octobre 2017 par Jean-François Dortier

Le dernier numéro de Sciences Humaines vient de paraître. Au sommaire du dossier : la société française, fracture et recomposition. Voici l’éditorial que j’ai rédigé. 

Qu’est-ce qu’une fracture ? En médecine, les choses sont claires : une fracture, c’est un os brisé ou fêlé. En géologie, la fracture désigne une ligne de faille profonde dans la couche terrestre : c’est là que surviennent les éruptions volcaniques et tremblements de terre. En sciences sociales, les définitions sont moins claires. La notion de « fracture sociale » est aussi descriptive que polémique, aussi sociologique que politique.

En 1994, le démographe Emmanuel Todd a lancé l’alerte sur l’existence d’une « fracture sociale » entre la France des classes populaires et celle des élites éduquées. Le candidat Jacques Chirac s’en est emparé pour en faire un slogan de campagne présidentielle. Ce qui lui a réussi pour son élection.

Vingt ans plus tard, le géographe Christophe Guilluy brandit de nouveau l’idée de « fractures françaises », message relayé par des politiques de tout bord qui exploitent le continuer la lecture


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