Tout savoir sur les religions…

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Le 6 mai 2017 par Jean-François Dortier

C’est nouveau, ça vient de sortir: voici donc le livre que je viens de diriger (avec Laurent Testot)

Les Religions.Des origines au troisième millénaire, dir. JF Dortier et L. Testot, 512 pages, mai 2017.

 Présentation: ” Toutes les sociétés humaines connaissent des religions : les cultes des peuples de chasseurs cueilleurs (chamanisme, totémisme, animisme), les cultes polythéistes de l’Antiquité que l’on retrouve en Égypte, en Grèce, à Rome, mais aussi chez les Incas, les Aztèques, les Mayas, les spiritualités d’Orient (hindouisme, taoïsme, bouddhisme…), les grandes religions monothéistes (judaïsme, christianisme, islam).

D’où vient le besoin de croire ? Comment expliquer l’omniprésence des religions dans l’histoire humaine ? Et qu’est-ce qu’une religion ? Dans ce livre, le phénomène religieux est abordé à partir de trois éclairages complémentaires :

• La première partie s’interroge sur le « pourquoi » des religions. Les sciences humaines apportent de multiples réponses à cette question. Sociologues et anthropologues invoquent des causes sociales. Psychologues et psychanalystes se penchent plutôt sur le « besoin de croire ».

• La deuxième partie explore les formes du phénomène religieux à travers l’histoire. Des religions de la préhistoire aux Églises et « grandes religions » modernes, l’histoire n’a cessé de recréer de nouvelles configurations qui s’adaptent, se figent, déclinent et renaissent tour à tour.

• La dernière partie s’interroge sur les liens entre religion et modernité. Alors que le XIXe siècle avait prophétisé la « mort de Dieu » vouant ainsi 
les religions à disparaître, les voilà qui semblent resurgir aujourd’hui : renouveau de l’islam, essor du protestantisme évangélique réapparition des cultes en Chine, etc.

Un panorama complet sur les religions d’hier à aujourd’hui, d’ici et d’ailleurs, réalisé par une soixantaine de spécialistes.

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la couleur de la peau existe. Parlons-en !

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Le 22 avril 2017 par Jean-François Dortier

Dans le dernier numéro de Sciences Humaines, consacré au racisme, je signe cet éditorial sur une question taboue.

 

« Je ne voudrais pas être noire, mais je suis obligée ! » C’est l’histoire d’une fillette de 11 ans qui pleure à cause de la couleur de sa peau. La scène se passe dans une colonie de vacances où la petite fille a fait cette confidence à son éducatrice, qui me l’a rapportée. Cette enfant n’était pas rejetée par le groupe ; elle y avait des amies, mais il serait vain d’ignorer cette évidence : la couleur de la peau, quoi qu’on en dise, vous colle à peau. Et la bienveillance des uns n’efface pas le regard de ceux qui en ont moins. Toute peau a une couleur, et c’est une illusion de faire comme si cela n’avait aucune importance. Les scientifiques ont abandonné la notion de race, qui sous couvert de classification des populations a souvent conduit à une hiérarchie des populations, faisant le lit du racisme. Il reste que les différences physiques apparentes demeurent et que tout le monde sait reconnaître un Blanc, un Noir ou un Asiatique.

Nier ces différences physiques apparentes, aux motifs qu’elles feraient le jeu du racisme, c’est laisser dans l’inconnu une question qui mérite d’avoir une réponse : pourquoi y a-t-il des couleurs de peau, des morphologies différentes entre populations ? La réponse à ces questions permet d’ailleurs de révéler un trait majeur de l’évolution que les scientifiques ont découvert récemment : les différences biologiques sont aussi l’effet de différences culturelles. La couleur de la peau, par exemple, s’explique par une cause simple et unique : la présence d’un pigment, la mélanine, dans les cellules de l’épiderme. Dans les populations humaines, la gradation du teint (plus ou moins clair ou foncé) varie en fonction de la latitude. Plus on va vers les pôles, plus le teint s’éclaircit en raison d’une moindre concentration de rayons UV. C’est la raison pour laquelle non seulement les populations d’Afrique subsaharienne mais aussi d’Inde du Sud, ou les Aborigènes d’Australie ont la peau noire. Ces populations ne sont pas proches génétiquement : la couleur de leur peau, foncée, n’a évidemment rien à voir avec leur intelligence ou leur caractère. En revanche, cette différence due au départ à la sélection naturelle va jouer un rôle considérable sur les rapports humains.

Car si la géographie a produit sur le long terme des différences physiques entre les populations en raison de la sélection naturelle, un brassage génétique et culturel des populations aurait eu tôt fait d’effacer ces différences et de produire des populations métissées de plus en plus homogènes. Mais si les différences de couleurs se maintiennent dans une même société, un même pays, un même milieu, c’est en raison de frontières sociales et culturelles, et non géographiques. Depuis peu, il est admis par les spécialistes de la génétique des populations qu’une sélection culturelle, fondée sur des facteurs religieux, sociaux et communautaires, contribue à maintenir les différences physiques entre populations. Dit clairement : le refus de se marier entre membres de classes, de castes ou de religions différentes est propice à la reproduction des différences physiques. D’où des différences de taille, de morphologie, de faciès, de couleur de peau qui se maintiennent bien au-delà des contraintes géographiques. Expliquer les différences physiques n’est pas faire le jeu des racistes ou tomber dans un quelconque déterminisme biologique, c’est au contraire mettre en lumière un mécanisme fondamental, de nature culturelle, qui contribue à reproduire les différences biologiques bien au-delà de ce que la nature impose.

 

A lire aussi dans ce numéro : D’où viennent nos stéréotypes ?

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Les civilisations meurent, la civilisation reste (parfois)

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Le 17 mars 2017 par Jean-François Dortier

Dans le dernier numéro de Sciences Humaines, je signe un article Vie et mort des civilisations, précédé d’un éditorial que voici.

« Nous autres civilisations, nous savons que nous sommes mortelles », proclamait Paul Valéry en 1919, au lendemain de la Grande Guerre. Les empires européens s’étaient affrontés au point de presque se détruire. Cette histoire ne faisait que confirmer un constat désabusé : l’Occident allait connaître le même destin tragique que les grandioses civilisations qui l’avaient précédé. Rome, Babylone, Égypte, Grecs, Crétois, Hittites, Perses, continuer la lecture

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Michel Onfray, philosophe décadent

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Le 19 février 2017 par Jean-François Dortier

Dans Décadence, Michel Onfray annonce la fin de la civilisation chrétienne qui a régné pendant 2000 ans sur l’Occident et connaîtrait aujourd’hui ses derniers feux.

C’est grandiose, c’est tragique, c’est implacable… Sauf que c’est tout faux.

Et voici pourquoi

Décadence, prétend raconter l’histoire de la « civilisation judéo-chrétienne » en deux temps. 1. « le temps de la vigueur » (des origines du christianisme à la Renaissance) et 2) « le temps de l’épuisement » (qui débute il y a cinq siècles et se termine sous nos yeux).

Comme à son habitude, M. Onfray ne fait pas dans la dentelle. Nietszche voulait penser « à coup de marteau », son élève avance au bulldozer. Dès le premièr chapitre, il affirme, contre l’écrasante majorité des spécialistes que le personnage Jésus n’a jamais existé. Tout aurait été inventé de toute pièce par l’apôtre Paul (1). Au passage, M. Onfray nous livre un scoop de son cru: Saint Paul était impuissant (2) et cette infirmité est la raison pour laquelle la circoncision a été épargné aux continuer la lecture

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Pourquoi le choc des civilisations n’a pas eu (et n’aura pas) lieu

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Le 15 février 2017 par Jean-François Dortier

Le dernier et copieux numéro de Sciences Humaines vient de paraître. Au menu: la mondialisation en question.  J’ai rédigé l’éditorial que voici.

 “La thèse du « choc des civilisations » a été avancée par Samuel Huntington dans un livre éponyme paru en 1996, qui fit beaucoup de bruit. Le professeur de Harvard y proposait un nouveau paradigme pour penser le monde contemporain : les relations internationales y étaient pensées, non en fonction des intérêts des États ou des blocs idéologiques, mais à partir de grands bassins de civilisations fondés sur une unité culturelle et religieuse.

S. Huntington distinguait ainsi huit grands blocs : la civilisation occidentale (à dominante chrétienne), la civilisation islamique, la civilisation indienne (hindouiste), les civilisations chinoise et japonaise (formant deux traditions continuer la lecture

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