L’humanologue; Saison 1, épisode 2 “Qu’est ce que l’humanologie ?”

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Le 30 novembre 2019 par Jean-François Dortier

Rappel de l’épisode précédent. (Où un jeune garçon subjugué par un livre de vulgarisation, décide de devenir vulcanologue, puis finit par se transformer en humanologue).

Voilà donc – à grands traits – « l’humanologie » tel que je l’imagine.Tout comme l’entomologie est l’étude des insectes ou l’ornithologie est l’étude des oiseaux. l’humanologie, c’est l’« étude de l’être humain”.

Étudier des êtres humains vise à répondre à quelques questions simples et fondamentales sur nous-mêmes. Et au premier lieu celle-ci : « Qu’est-ce qu’un humain ? ». En quoi notre espèce se distingue des autres animaux (et qu’a-t- elle de commun avec eux ?). Pour affronter à cette question, il nous faut étudier les animaux en général (car les humains sont bien des animaux : des animaux étranges[1] mais des animaux tout de même). Et puis comme chaque espèce à ses spécificités (c’est la définition même de l’espèce) : il faut cerner notre particularité d’espèce. De nombreuses réponses ont été apportées à cette question. Et j’ai mon idée sur la question. Mais avant de proposer une réponse toute faite,  il faut d’abord faite un très long chemin qui va nous amener à explorer la condition humaine sous différentes coutures.

Il faut d’abord essayer de comprendre ce que les humains ont dans la tête : ce à quoi il pensent (car tout le monde pense n’est-ce pas ?) et surtout « comment » on pensent. Autrement dit, affronter cette redoutable question « comment fonctionne la pensée ». C’est une première montagne de recherches, de théories à gravir. Etudier les humains, c’est aussi tenter de comprendre ce qui les fait agir : quelles sont leurs motivations, leur désirs, leur besoins, leur aspirations (et même leurs instincts). Mais comme on n’agit pas simplement selon de nos désirs mais que l’on doit aussi se soumettre aussi aux contraintes de toute vie en société – les lois, les règles, les normes, les influences –  il faut donc étudier la vie en société : les formes de famille, les formes politiques, les formes d’organisation économie et toutes les types d’associations humaines qui composent une société.

Or l’histoire humaine a vu se succéder quelques dizaines de milliers de sociétés au cours des trois millions d’années d’histoire humaine. Bien sûr toute sont différentes, mais elles ont aussi des traits en commun. Une histoire comparative doit nous aider à mettre à les réuccerences, les permanences, les convergences. C’est aussi au programme de l’humanologie. Étudier les humains, c’est donc remonter aussi à leurs origines.

Étudier l’humain c’est tenter de répondre à cent autres questions sur la religion, l’amour, la violence, le langage, etc. Voilà l’humanologie.

  • Pourquoi une nouvelle science ?

Mais pourquoi, me direz-vous parler d’humanologie alors qu’Il existe déjà des sciences humaines – sociologie, histoire, économie, anthropologie, psychologie, linguistique, sciences politiques etc. – qui étudient l’humain sous toutes ses facettes

C’est vrai. Depuis deux siècles les sciences humaines ont même produit un immense corpus de savoirs. Je leur ai consacré ma vie professionnelle ; je leur ai consacré des livres de synthèses, des dictionnaires, des centaines de dossiers et articles (voir mes livres, mes articles, etc). j’ai étudié les sciences cognitives autant que la sociologie, (ma première vocation), je me suis intéresser à l’histoire des sciences comme à l’économie (que j’ai affronté aussi en pratique à travers les yeux du chef d’entreprise), etc. A travers l’anthropologie j’ai visité Ce qui m’a amené à explorer le monde des aborigènes d’Australie et avec l’histoire le monde des Vikings.

La division du travail intellectuelle est la condition du progrès des savoirs. Mais elle contribue aussi à la pure accumulation et à la dispersion. L’être humain a ainsi disparu de notre champs de vision derrière ce foisonnement de savoirs, d’études, des recherches et de théories. Car pour le sociologue l’être humain est un être social, pour le psychanalyste un être de désir, pour l’économiste un Homo économicus, pour l’anthropologue un être de culture. Qui a raison ? Qui a tort. Chaque discipline a généré sa propre vision de l’être humain.

Revenons à lune de nos questions de départ : « Comment les humains pensent ? ». Où trouver la réponse la plus pertinente ? Du côté des neurosciences et des structures du cerveau (car le cerveau est bien l’organe de la pensée) ou du côté l’anthropologie et de l’étude des cultures (car un cerveau sont toujours immergé dans un culture) ? Faut-il se tourner vers les linguistes (car la pensée semble toujours tributaire du langage) ou vers les psychologues qui s’intéresse aux images mentales (car les mots prennent sans à partir de schémas mentaux sous-jacents). Ne faut-il interroger aussi l’historien des idées (car les idées sont aussi filles de leur époque), l’éthologie cognitive (pour voir comment pensent les animaux). Et  l’intelligence artificielle ? etc.

Si vous estimez qu’il serait bon de se tourner tour à tour vers chacune de disciplines pour voir ce qu’elles ont à nous dire ; si vous pensez aussi qu’il serait bon commencer par un  bilan raisonné des savoir :  ce que l’on sait, ce qui fait débat, ce que l’on ignore ; si vous pensez qu’il serait bon de croiser, comparer et tenter de synthétiser ces différents domaines du savoir, alors vous êtes déjà un humanologue !

Mais plutôt que de grands principes : voyons comment l’ humanologie peut reprendre ces questions en partant d’un exemple concret.

C’est ce que nous allons voir au prochain épisode…

[1] L’homme, c’est étrange animal. Aux origines du langage, de l’art et de la pensée. (3ème édition, 2012)


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