La patate, moteur de l’histoire ?
3Le 10 janvier 2013 par Jean-François Dortier
« La pomme de terre a été l’un des moteurs de l’ascension de l’Occident ». Voilà l’affirmation surprenante sur laquelle je tombe, en lisant 1493, comment la découverte de l’Amérique a transformé le monde, de l’historien Charles C. Mann.
L’argumentation est la suivante. « Nombre de chercheurs s’accordent à voir dans l’introduction de S. tubersorusm (la pomme de terre) un événement charnière de l’histoire, car son adoption à grande échelle coïncide largement avec la fin des famines en Europe du Nord. Le maïs, également d’origine américaine, a joué un rôle comparable quoique plus limité, dans le sud de l’Europe. De plus, la pomme de terre aurait ouvert la voie à la conquête impériale, comme l’affirme le célèbre historien William H. McNeil : « En assurant la subsistance de population en pleine croissance, elle a permis à une poignée de nations européennes d’asseoir leur domination sur le reste du monde entre 1750 et 1950. » L’éradication de la famine, gage de la stabilité sociale, a aidé les nations européennes à s’emparer avantageusement de l’argent d’Amérique. »
CQFD. D’où la conclusion surprenante :
« La pomme de terre a été l’un des moteurs de l’ascension de l’Occident. »
Catégorie : Bazar
Le bonheur selon Schopenhauer
11Le 9 janvier 2013 par Jean-François Dortier
Arthur Schopenhauer (1788-1860) était un ombrageux, un aigri, un pessimiste. « La vie oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l’ennui. » note-il dans son Journal. Son entourage familial ne le prédisposait pas au bonheur. Deux de ses oncles paternels avaient été enfermés dans des asiles psychiatriques ; son père, bien qu’ayant réussi dans les affaires, était dépressif et lorsqu’il se tua en 1806, en tombant du grenier, on ne sut jamais s’il s’agissait d’un accident ou d’un suicide.
Sa mère, romancière à succès, était d’une totale froideur et indifférente à l’égard de ses enfants. Lors d’une dispute familiale, elle prit d’ailleurs parti pour son amant contre son propre fils ; après cette brouille, ils ne se revirent jamais. Quant à Adèle, la sœur d’Arthur, elle était, elle aussi, en proie à des angoisses et obsessions et finit par se suicider en 1849.
Sur le plan professionnel Arthur a d’abord connu les échecs et les frustrations. continuer la lecture
Catégorie : Philosophie
Rêve de gloire…
5Le 7 janvier 2013 par Jean-François Dortier
J’ai fait cette nuit, ce rêve curieux. Je suis sur scène dans un grand amphitéâtre, devant un public nombreux. Les projecteurs sont braqués sur moi : je fais une conférence, debout a côté d’un écran géant où on projette les schémas de à mon exposé.
« Voyez vous, le monde et divisé en deux catégories d’êtres pensants : celui des dieux et celui des humains. Le monde des dieux, des anges, des démons, des âmes et esprits de toutes sortes. Ce monde est invisible et on ne sait même pas s’il existe.
» Au dessous existe le monde des humains ».
| Dieux |
| Humains |
Mon rêve continue : » les humains peuvent être divisés à leur tour en deux catégories : ceux qui font l’histoire – l’élite – et ceux qui la subissent : la masse ». Et je poursuis avec aplomb : « C’est élitiste. C’est Nietzschéen. Et c’est ainsi ! »
| L’élite |
| Les masses |
Je reprends, sentencieux :
» L’élite se divise à son tour en deux catégories. Il y a ceux qui sont branchés sur l’au-delà; ils sont en quête de transcendance : ce sont les continuer la lecture
Catégorie : chasseurs de rêves
voeux 2013 : du sang, de la peine et des larmes
4Le 1 janvier 2013 par Jean-François Dortier
Je vous raconte mon réveillon ?
Nous sommes dans un bel appartement qui surplombe le lac d’Annecy. Nous : c’est ma princesse et moi. En amoureux. Hier fut une soirée de rêve.
– 20 heure : repas en tête a tête avec deux kebabs-frites acheté chez les turcs du bas de la rue, le tout arrosé d’une bonne bouteille de Bordeaux. Un délice.
– 21 heure : allongés sur le canapé, nous avons visionnés trois épisodes de Breaking bad, la série télé offerte en coffret à Mc pour Noël. Un véritable chef d’oeuvre – shakespeare au 21ème siècle – : je recommande à tous. Bonheur pur.
– Minuit. Orgasme réciproque et presque simultané : Nirvana à minuit pile ! Ce n’était pas calculé, mais je l’ai su car une minute plus tard, le téléphone à commencé à s’agiter : les premiers SMS m’annonçant la nouvelle année.
La nouvelle année justement ! Personnellement j’annonce la « de la peine, du sang et des larmes ». Comme Churchill en son temps. C’est le prix de notre rédemption à tous.
Catégorie : Bazar
Que veut dire vivre ?
2Le 28 décembre 2012 par Jean-François Dortier
Quelle est la différence entre vivre et survivre ?
Qu’est-ce qu’une vie digne de ce nom ?
En français, « revivre » à un double sens. « Revivre un événement », c’est se le remémorer. C’est le cas pour ces personnes qui ont vécu un traumatisme et se repassent sans cesse en mémoire le film de l’accident ou de l’attentat. C’est une répétition mortifère. Mais revivre a aussi un sens différent : celui de « renaître » après une période sombre : une maladie, un deuil ou une séparation. La coïncidence de ces deux acceptions aussi différentes du mot « revivre » est-elle purement fortuite ?
Non ! répond le philosophe Frédéric Worms, professeur à l’université Lille-III. Au contraire, l’ambivalence du mot « revivre » suggère un regard neuf sur la façon d’« éprouver nos blessures et nos ressources » pour renaître. De ce thème, il a fait un beau livre : Revivre. Éprouver nos blessures et nos ressources (Flammarion, 2012).
Le double sens de « revivre » s’éprouve par exemple dans la formation d’un nouveau couple. La plupart des divorces sont très douloureux et continuer la lecture
Catégorie : Art de vivre & anti-sagesse

