Comment peut-on être comptable ?

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Le 10 novembre 2012 par Jean-François Dortier

Être comptable, ce n’est pas seulement aligner des colonnes de chiffres. Derrière sa façade austère, il y a des enjeux méconnus qui rendent la fonction plus humaine et intéressante que l’on pourrait le croire. Vraiment ?

Dans son essai mythique, Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes (1974), Robert M. Persig s’applique à montrer combien un travail technique – comme celui d’entretenir sa moto – est non seulement utile mais peut aussi offrir un sentiment de complétude. Sans les tâches techniques, rien ne marcherait autour de nous : ni l’eau courante, ni l’électricité, ni les moyens de transport. Pourtant les professionnels qui font « tourner le système » sont très peu considérés…

Pour R.M. Pirsig, l’entretien des motos n’est pas seulement nécessaire, c’est aussi un plaisir : changer les bougies, régler le moteur, gonfler les pneus, vérifier les freins puis ranger les outils lui procurent une satisfaction physique et morale. C’est une façon d’ordonner le monde et peut-être de lutter contre une angoisse sourde. L’intellectuel se pose des problèmes, le mécanicien les résout.

Derrière les chiffres…

On pourrait dire la même chose de la comptabilité : une profession aussi méconnue que peu considérée. Pour la plupart des gens, le métier de comptable ne peut être qu’être que mortellement ennuyeux. Leur expérience de la comptabilité consiste à régler des factures, continuer la lecture


A découvrir absolument !

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Le 29 octobre 2012 par Jean-François Dortier

Je n’aime pas accuser les gens de génie et les livres de chef d’œuvre sans de bonnes raisons. Cela peut créer de fausses attentes et des déceptions. Mais c’est ce que j’ai ressenti en lisant Assommons les pauvres.Elle s’appelle Shumona Sinha. Ce beau nom nous vient d’Inde, de Calcutta précisément, où l’auteure est née en 1973 ? En 1990 (à 13 ans !) elle obtenait le prix du meilleur jeune poète du Bengale. Dix ans plus tard, la jeune femme débarquait à Paris, tout comme des milliers d’immigrés déracinés avec l’espoir de s’intégrer dans le monde des blancs, des riches, dans un monde rêve : en tout cas qui fait encore rêver des centaines de millions de pauvres de par le monde.

Un jour Shumona a fait explosé une bouteille sur la tête d’un de ces migrants, venu comme elle du Bangale. Pourquoi ?  Voilà ce que raconte Assommons les pauvres. continuer la lecture


La tyrannie de la beauté

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Le 13 octobre 2012 par Jean-François Dortier

On peut débattre sans fin de la beauté. La laideur, elle, est indiscutable. Dans Les Mots (1964), Jean-Paul Sartre se rappelle comme d’un véritable traumatisme le jour où, à l’âge de 7 ans, on lui a coupé les cheveux. Jusque-là, il portait une longue chevelure blonde et bouclée qui cachait un visage enfantin. Mais d’un seul coup sa nouvelle coiffure va révéler à la famille ce qu’elle n’avait pas voulu reconnaître : l’enfant est très laid et il louche. C’est l’effroi quand il rentre à la maison, tondu. Sa mère s’enferme dans sa chambre pour pleurer. Son grand-père est atterré. Il « avait confié au coiffeur une petite merveille, on lui avait rendu un crapaud : c’était saper à la base ses futurs émerveillements. » Plus tard, grâce à son génie, Sartre saura compenser sa laideur – sa taille de nabot, son regard de travers, sa voix nasillarde – et deviendra un vrai séducteur.

Mais tous les laiderons n’ont pas du génie, et sur eux pèse une malédiction. Car la laideur physique est un lourd handicap, sur le marché de l’amour comme sur le marché du travail. continuer la lecture


L’art du travail intellectuel

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Le 5 octobre 2012 par Jean-François Dortier

En 1951, le philosophe Jean Guitton (1901-1999) publiait Le Travail intellectuel, un petit livre dans lequel il prodigue ses conseils, simples et directs, à « ceux qui étudient et à ceux qui écrivent ».

Tout commence par un curieux hymne au dépouillement intellectuel. L’auteur raconte que durant la Seconde Guerre mondiale, qu’il a passée prisonnier dans un camp, il fut longtemps privé de livres. Or, loin d’être un handicap, ce fut pour lui un avantage ! Quand on est entouré de trop de livres ou de journaux, on se disperse, alors qu’une certaine frugalité intellectuelle a ses vertus : « Notre civilisation sursaturée deconnaissances et de moyens de savoir offre tant de masques et de faux appuis que l’homme ne sait plus ce qu’il sait et ce qu’il ignore. » Cet hymne à une simplicité volontaire appliquée au domaine de l’esprit a de quoi surprendre de la part d’un homme de culture et auteur prolixe. Mais elle sonne étonnamment juste à une époque de surabondance informationnelle. « Trop d’information tue l’information », dit-on : J. Guitton anticipe et soutient après Montaigne qu’une tête trop pleine finit par obscurcir la pensée.

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Ils n’en finissent pas de commencer à vivre…

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Le 5 octobre 2012 par Jean-François Dortier

C’est mon anniversaire aujourd’hui. Je suis né en 1956, donc j’ai… 56 ans.

C’est vieux non ?

Il y a pourtant un truc qui cloche:  pour première fois depuis des années, je me sens plus jeune que l’année d’avant ! C’est bizarre. Pourtant j’ai toute raison de m’affliger de la marche inexorable vers le déclin: déclin personnel, déclin de la presse (qui me fait vivre), déclin de mon pays, déclin de l’Occident. La mort est là. Elle nous tend les bras.

Pourtant, non vraiment : ça va bien. Est-ce parce que je viens de passer (par dessous) la barre des 100 kilos ? Je me sens léger comme une gazelle, j’ai les idées claires, le moral au plus haut. Je vais trop bien : il y a une truc qui cloche. Quelqu’un aurait-il mis du Lexomil dans mes repas?

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