Malek Chebel, le musulman lumineux

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Le 17 novembre 2016 par Jean-François Dortier

malek_chebel-6Malek Chebel est mort. Et ça m’attriste. J’ai rencontré Malek pour la première fois, en 2002 pour un entretien paru dans Sciences Humaines. Par la suite, je l’avais fait venir à Auxerre pour donner une conférence et nos routes s’étaient croisées plusieurs fois depuis.

Malek Chebel proposait une autre visage de l’Islam. Toute son œuvre (abondonante) est consacrée à faire revivre ce qu’il appelait « l’Islam des lumières », un Islam tolérant, ouvert et même libertin qui a existé (et pas uniquement au temps de « l’âge d’or » de l’islam). Ce visage tolérant de l’Islam, Malek le portait sur son visage : son regard lumineux et son sourire bienveillant.

Relire l’entretien dans Sciences Humaines :  « Amour, désir et sexualité en islam » 


Rappel : « L’age d’or de l’Islam » est associée à la période de l’empire abbasside (750-1298). a l’époque, le mécénat culturel des califes et vizirs favorise l’essor culturel. Après une période de traduction s’appuyant sur la riche tradition culturelle des pays conquis (Egypte, Mésopotamie, Inde…) ou voisins (Grèce, Chine…), la philosophie, les arts et la science de langue arabe connaissent une période florissante. La Maison de la sagesse est fondée à Bagdad au début du ixe siècle. Les poètes modernistes et libertins chantent l’amour, la beauté et les plaisirs de la chair. parmi les grands savants de l’époque figurent al-Khuwarizmi (v. 790-v. 840), inventeur de l’algèbre, le médecin al-Razi, Rhazès en Occident, (v. 860-v. 923), le philosophe al-Farabi (872-950), les philosophes et médecins Avicenne (980-1037) et Averroès (1126-1198).

 

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Pourquoi les idéologies ne mourront jamais

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Le 12 octobre 2016 par Jean-François Dortier

dead_by_ideology_by_vhenomenonD’où vient cette tendance de la politique à transformer les idées en idéologies ? Pourquoi est-il besoin d’agiter des étendards, de s’enflammer, de chercher des coupables et de susciter des espoirs (souvent déçus) ? La réponse à cette question nécessite un détour par l’histoire, pour voir comment naissent, se déploient, meurent et renaissent toujours les idéologies.

 

Quel est le point commun entre le socialisme, le libéralisme, le fascisme, le communisme, l’écologisme, le nationalisme ou l’anarchisme ? La réponse tient en quatre petites lettres : « isme », placé à la fin de chaque mot. Ce suffixe suffit à pointer du doigt le phénomène idéologique. Des « isme », il en existe aussi en peinture (impressionnisme), en littérature (naturalisme) et même en sciences (darwinisme, freudisme). C’est l’indicateur d’une vision du monde associée à un mouvement qui le soutient. L’idéologie est donc plus qu’une idée, un projet ou un idéal : c’est aussi un mouvement, un combat, souvent mené contre d’autres « isme ». Et en tant que mouvement de pensée et d’action, l’idéologie a tous les attributs d’une religion – autre grande productrice « d’isme » – avec laquelle elle continuer la lecture

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ultra trail: la voie de la radicalisation

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Le 5 octobre 2016 par Jean-François Dortier

entrenamiento-ultratrail1Comment un type ordinaire, ayant commencé à courir a l’âge de quarante ans, pour perdre du poids et reprendre son corps en main, bascule dans la radicalisation (sportive) et rejoint la secte (mais pacifique) des ultra-fondus. 

 » Naissance d’une passion

Ma route a croisé celle d’un mystique de la course. Hervé participait à un stage dont j’étais l’un des intervenants. Après ma conférence, on s’est parlé autour d’un café et comme il rentrait le soir même à Auxerre, il m’a proposé de me ramener en voiture. C’est au cours du voyage que j’ai découvert sa passion. Hervé fait partie du petit monde des « ultrafondeurs » ou « ultrafondus » comme ils s’appellent eux-mêmes. Il a couru plusieurs marathons, deux 100 kilomètres et a participé trois fois à l’ultra-trail du Mont-Blanc (160 kilomètres sur des chemins de montagne), l’une des plus mythiques et difficiles épreuves au monde.

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Et toi, après quoi tu cours ?

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Le 15 septembre 2016 par Jean-François Dortier

couvCher amis

J’ai le plaisir de vous annoncer la parution de mon livre Après quoi tu cours. Enquête sur la nature humaine. (éd. SH 2016)

La meilleure façon de la présenter est finalement d’en lire le prologue.

 » Le SDF, assis sur un banc, une bouteille de bière à la main, m’interpelle : « Tu cours après quoi ? ». Nous sommes samedi en fin de matinée, l’heure de ma séance de course. Tout en continuant à courir, je me contente de sourire à sa petite provocation. Lui se voit sans doute en homme libre, affranchi des lubies bizarres de tous ces citadins pressés et qui passent une partie de leurs loisirs à continuer à courir.

Mais sa question mérite d’être prise au sérieux: « Après quoi tu cours ? » Et la réponse est loin d’être évidente.

J’ai commencé à courir régulièrement il y a plus de vingt ans. Au début, l’objectif était de perdre du poids. À vrai dire, il s’agissait moins d’une question de santé que d’apparence : perdre ce ventre et retrouver ma silhouette de jeune homme. Le premier jour, je soufflais et souffrais au bout d’un petit kilomètre. Pourtant, dès la semaine suivante, je décidai de courir deux kilomètres sans m’arrêter. Ce défi personnel prenait l’allure d’une compétition contre moi-même.

Courir contre soi-même : qu’est-ce que cela cache ? Adolescent, je courais pour devenir champion. À chaque entraînement, la machine à rêve intérieure me transformait en héros, remportant des victoires imaginaires contre des concurrents invisibles. C’est pathétique et dérisoire, mais aujourd’hui encore, à la moindre côte un peu raide, je me vois arpenter les lacets d’une course mythique: le TMB (Tour du Mont-Blanc) ou la Diagonale des Fous, le fameux Grand Raid de l’île de la Réunion. Et le quinquagénaire bedonnant qui souffre sur le bord de la route continue à se projeter un film dont il est à fois l’auteur, l’acteur principal et le seul spectateur.

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Migrants, mi-hommes ?

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Le 7 septembre 2016 par Jean-François Dortier

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