la citation du jour

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19 août 2014

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« J’ai un plan »

(Christina Alger, Park Avenue)

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l’art du jugaad

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6 août 2014

le monte-tuiles "jugaad"

le monte-tuiles « jugaad »

Mon beau frère Michel refait son toit. Bricoleur émérite, il ne craint pas de s’attaquer à la plomberie, la maçonnerie, la pose des fenêtres… Même la charpente ne lui fait pas peur. « La charpente, je n’y connaissais pas grand chose, mais tu trouves des tutoriels sur internet qui expliquent comment faire ». Je lui fais remarquer qu’il a tout de même des années de bricolage derrière lui, qu’il faut une sacrée expérience pour se lancer dans un tel chantier. Il rétorque : « Non c’est comme la cuisine, c’est la volonté de s’y mettre qui manque souvent. Ce n’est pas si compliqué une fois qu’on s’est lancé ».

Admettons…

Il s’est donc attaqué seul à la réfection de sa charpente. Et en quelques semaines, il venu à bout de son chantier. Mais il a été alors confronté à un problème simple de manutention : comment transporter quelques centaines de tuiles du sol au toit quand on est tout seul ? Cela supposerait un nombre incalculables d’aller et retour sur l’échelle avec quelques tuiles sur les bras ? Epuisant et interminable…

Alors il a résolu le problème à sa façon, En construisant son propre monte tuile !

Le dispositif est le suivant (voir photos) : Deux rails soudés pour faire une échelle de support, un plateau pour installer les tuiles et qui coulisse le long des rails. Et pour tracter le plateau, il a acheté un moteur à 80 euros et une poulie. « En une journée, quelques jurons, le tour était joué ». Même le voisin charpentier a été bluffé.

 

« Bravo Michel, tu es Jugaad ! »

Quand il m’a montré son invention, je lui ai décerné aussitôt le brevet de l’invention jugaad, le nouveau concept à la mode pour désigner « l’innovation  frugale », l’art de résoudre un problème avec beaucoup d’ingéniosité et peu de moyens. Autrement dit : le système D.

 

L’innovation frugale

« L’innovation Jugaad » est le titre du best seller écrit par Navi Radjou. Les auteurs popularisent cette idée simple : les grandes innovations du 21ème siècle ne seront peut-être pas celle des grandes structures technologiques sophistiquées et coûteuses : elles proviendront plutôt du Jugaad ou « l’innovation frugale ».

L’innovation frugale est la capacité ingénieuse à « faire plus avec moins », affirme Navi Radjou, « L’innovation frugale est pratiquée aujourd’hui par des milliers d’entrepreneurs dans les économies émergentes comme l’Inde, la Chine, l’Afrique, où le Brésil qui sont imprégnées de fortes contraintes et dans lesquelles des « innovateurs de base » conçoivent des solutions abordables et durables dans les secteurs essentiels comme la santé, l’énergie, l’éducation ou l’alimentation ».

L’exemple prototypique de l’innovation frugale est celle de Mansukl Prajapati, un modeste potier qui vit dans un village de l’Etat de Gujarat (en Inde). M. Prajapati a fait parlé de lui pour avoir inventé un réfrigérateur sans électricité ! Il s’agit d’un petit garde manger en argile comprenant un réservoir d’eau dans sa partie supérieure. L’eau s’infiltre ensuite dans les parois latérales et tombe dans une chambre inférieure. L’ensemble permet de maintenir des légumes au frais pendant quelques jours. Le terme de réfrigérateur est sans doute exagéré : disons qu’il s’agit d’une réserve de fraicheur : ce qui n’est pas rien dans un région où la tempé- rature ambiante avoisine les 40 degrés et ou peu de village sont raccordés à l’électricité. L’invention de Parjapati a rapidement connu un grand succès et est aujourd’hui commercialisée dans tout le pays sous le nom de Mitticool.

Le réfrigérateur sans électricité est devenu le symbole d’une forme d’ingéniosité populaire, le « Jugaad ».

Désormais, de grandes entreprises se sont mis au Juggad : Renault, Simiens, Procter et Gamble. Elles ont compris que l’innovation ne viendrait pas toujours de lourds investissements dans des produits haut de gamme bourrée d’options technologies mais la mise à disposition d’automobiles simples, fiable et peu couteuse s’adressant à une population de classes moyennes émergentes des pays du sud.

Comme l’exemple d’innovation Juggad, N. Radjou cite l’entreprise Siemens qui a conçu toute une gamme de produits SMART (Simple, Mainte- nance-Friendly, Affordable, Reliable, Timely-To-Market) : comme des moniteurs cardiaques doté de micros bon marché. Carlos Ghosn, le dirigeant de Renault voit dans le succès de la Logan à 5.000 euros et des véhicules Dacia (filiale roumaine de Renault qui construit des voitures bons marchés), le symbole de « l’innovation frugale ». Carlos Ghosn qui a préfacé le livre de R Nadjou serait d’ailleurs l’inventeur de la notion.

Essayons de regarder avec un peu plus de lucidité ce qu’il en est vraiment de l’esprit jugaad.

En lisant le livre de N Radjou. On découvre vite que le terme de Juggad servent aux auteurs pour désigner une nébuleuse conceptuelle qui comprend autant le « système D » du bricoleur que les produits low cost (un voiture bon marché, (type Dacia). Le paratonnerre de Benjamin Franklin ou l’ipad par Steve Job seraient aussi « jugaad » ! Jugaad encore l’invention du « big bazar », une chaine de vente de produit bon marchés, sorte de Tati indien. Tout est donc « juggad » – système D, produit low cost (même produit à la chaine), produit high tech (l’ipad), dès lors que cela n’entre pas dans les grands projets technolo- giques de l’aviation à l’industrie pharmaceutique qualifiée « d’innovation structurée ».

Le juggad à l’indienne ne serait-il donc pas, derrière l’hymne à l’ingéniosité populaire, qu’une façon de lancer un nouveau slogan, propre à attirer l’attention des dirigeants des grands groupes sur un marché fructueux ; celui de produits bons marchés pour les classes moyennes et les pauvres des pays émergents ? C’est ce qu’on pourrait penser en lisant la galerie d’interviews qui émaille le livre Juggad, tous des dirigeants de grandes entre- prises en quête de nouveaux marchés (Renault, Larfage, Seimiens) : on est loin des innovateurs schumpétériens qui bricolent dans leur garages les innovations frugales de demain.

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Du monde sur les routes… Il y a 100 ans déjà.

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2 août 2014

Aujourd’hui, retour et départ en vacances, il y aura beaucoup de français sur les routes.

Il y a 100 ans exactement, leur aïeuls montaient dans des camions et remplissaient des trains. Il partaient pour une tout autre voyage. le 2 aout 2014, jour pour jour, la mobilisation générale était décrétée.

 

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De la dispersion: combattre les perturbateurs endocrâniens

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9 juin 2014

distraction-300x193Pourquoi esil si difficile de se concentrer longtemps sur une même tâche ?

Bien sûr, les conditions de travail poussent à la dispersion : c’est le le commun des cadres qui doivent gérer une multitudes de taches en parallèle. Le phénomène n’est pas nouveau: il y a 40 ans déjà, dans une étude célèbre, Henri Mintzberg avait calculé que les  activités des cadres dirigeant ne durait guère plus que quelques minutes (entre 3 et 15 minutes. Les réunions programmées sont plus longues (un peu plus d’une heure (68 minutes) en moyenne). L’étude date de 1973, bien avant l’incursion des mails et smartphones ! La diversité et la brièveté des tâches à été bien sur renforcé par deux phénomènes majeures: l’irruption des « nouvelles technologies » mais aussi changement des règles hiérarchique. Désormais tout cadre qui se respecte se doit être à l’écoute de ses collaborateurs et que sa porte doit être toujours ouverte. Il n’y a même plus besoin de frapper avant d’entrer, il suffit de passer la tête en travers de la porte (« je ne te dérange pas ? » (« si, bien sûr, sinon, cela voudrait dire que je ne faisais rien !).

Àutant de « perturbateurs endocrâniens » (autrement dit de « prise de tête) qui viennent déranger le cours idéal des choses prévues: celui qu’on avait imaginer le matin en partant au travail. La sociologue Caroline Datchary a écrit un beau livre sur le sujet : « La dispersion au travail, (2011). Son enquête menée dans différents milieux de travail montre que la dispersion est un mal qui touche de nombreux secteurs de travail. Mais la dispersion n’est pas seulement une contrainte (multiples solliciations et polycompétence). Chacun y trouve aussi son compte… Car la dispersion est aussi synonyme de distraction et variété. Il y a aussi des avantages à la dispersion : elle rompt la monotonie, en créant de variété et rend le travail distrayant.

Le dispersion est en partie subie et en partie volontaire. C’est là la fois  le besoin de se distraire et les multiples sollicitations qui s’offrent à nous qui nous pousse irrémédiablement à aller jeter des petits coups d’oeil sur ses mails « au cas où », alors que je suis en train rédiger une article ou rédiger une note de service. Tiens, ce matin par exemple. J’avais décidé d’écrire un petit billet sur la distraction. Et au bout d’à peine une demi heure de rédaction j’étais déjà en train de déambuler dans Google. Parti, à la recherche d’une référence (mais qui donc a écrit « l’ennui naquit un jour de l’uniformité » est ce bien La Fontaine ? Non : un certain Antoine Houdar de la Motte. Qui est ce type ? Vite Wikipédia… trois minutes plus tard, j’avais dévié de mon but  et j’en étais à télécharger une application téléphonique sur les citations, etc.

 

Bref, revenons à nos moutons.

Où en étais-je ? Oui ! Ç’a y est : s’il est donc si difficile de ses concentrer, ce n’est pas simplement a cause des dérangements extérieurs : le téléphone, les mails ou l’intrusion inopportune d’un collègue, ou le besoin d’une cartouche d’encre pour l’imprimante. Nous sommes aussi victimes de notre propre penchant à la distraction. Le cerveau humain est  volage par nature. « Quel inconstant que l’homme » écrit Montaigne. Notre esprit est ainsi fait : toujours attiré par le divers, le nouveau, l’original, le frais. Il a du mal à rester en place et à se consacrer longtemps sur une seule tâche.

Cette tendance à la dissipation est liée a plusieurs facteurs.

• Un cerveau en alerte. La dispersion provient aussi d’une constante posture d’alerte propre à un cerveau animal soucieux de survie. Ce penchant a lever le nez au moindre signe à des racines évolutives profondes : c’est facteur de survie. La curiosité pousse les animaux à explorer en permanence leur environnement pour trouver de la nourriture ou pour se protéger des dangers: il leur faut donc être « en alerte » et lever le nez au moindre un bruit, au moindre mouvement. Cette  « inquiétude » et préoccupation permanente pour tout ce qui dérange le cours normal des choses doit jouer une rôle dans la survie. Avoir l’œil et l’oreille aux aguets : c’est important pour éviter les danger, saisir les opportunités. Mais cela n’encourage pas à la concentration.

• L’habituation. L’habituation? c’est le nom façon scientifique d’un constat ordinaire « Tout passe tout lasse ». C’est la chute d’intérêt et de plaisir qui se produit au fil du temps pour tout ce que l’on fait.

• La difficulté. Une autre raison enfin pousse à la distraction : la difficulté. Si je suis en train d’écrire un article et que je butte sur un obstacle imprévu (une difficulté conceptuelle par exemple), je vais sans doute m’obstiner, mais si je « cale » vraiment, j’aurais tendance à abandonner la partie et passer à autre chose. (« On verra ça demain »).

• La fatigue. La concentration demande de l’effort et le cerveau s’épuise vite. Tout effort est coûteux et c’est une autre raison encore de laisser tomber la tâche en cours pour passer à autre chose. Se lever, souffler, aller boire une café, se détendre… Ce que je vais faire de ce pas.

 

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Découverte : Cro magnon a un smartphone !

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3 juin 2014

2014-05-31 12.09.00Samedi,  j’étais à la Charité-sur-Loire où je donnais une conférence sur les origines du langage lors du Festival du mot (qu’elle belle idée !). En me promenant dans la charmante petite cité, le hasard m’a mis nez à nez avec un homme de la préhistoire. Découverte étonnante : Cro magnon possède une smart phone !

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